Mon futur

Continuer à avancer

Après plus de quinze années de coaching et de nombreuses années consacrées au sport d’endurance, je pourrais avoir le sentiment d’avoir déjà réalisé une grande partie de ce que je souhaitais accomplir.

Pourtant, je crois que ce qui me caractérise le plus n’est pas ce que j’ai déjà fait.

C’est ce que j’ai encore envie de découvrir.

Je ne sais pas exactement où les prochaines années me conduiront. Et c’est probablement ce qui les rend intéressantes.

Je sais simplement qu’elles seront guidées par trois envies : construire, explorer et expérimenter.

Construire

Revenir vers un projet qui me dépasse

En 2028, je retournerai sur Ironman.

Ce retour n’est pas une évidence.

Après mon Ironman de Nice en 2024, j’ai volontairement choisi de prendre du recul.

J’avais consacré près d’une dizaine d’années à la pratique du triathlon et à la préparation d’objectifs d’endurance. J’avais appris à m’entraîner, à planifier, à être discipliné, à optimiser chaque détail.

Mais j’avais besoin de savoir quelque chose.

Est-ce que j’aimais réellement cette discipline ?

Ou est-ce que je continuais simplement parce que j’avais toujours fait cela ?

J’avais besoin de couper.

De ne plus avoir d’objectif.

De ne plus suivre de plan.

De retrouver une pratique plus spontanée, plus libre, plus légère.

L’année 2025 a été une année de doute.

Je me suis rendu compte que l’absence d’objectif et d’entraînement structuré ne me convenait pas réellement. Mais je n’avais pas non plus envie de retourner immédiatement vers ce que je connaissais déjà.

Je ne voulais pas simplement refaire un Ironman pour être plus rapide.

Je ne voulais pas seulement être plus discipliné.

Je ne voulais pas reproduire exactement la personne que j’étais devenue au fil de mes années d’entraînement.

Car si la rigueur et la discipline m’avaient permis d’accomplir des choses que je pensais autrefois impossibles, elles avaient aussi progressivement pris beaucoup de place.

J’avais parfois le sentiment d’avoir laissé de côté une partie de moi.

La spontanéité.

L’enthousiasme.

La légèreté.

Le plaisir de faire les choses simplement parce qu’elles me donnent envie.

Il ne s’agit pas de renier la personne que je suis devenue.

Au contraire.

Mon prochain projet sportif est justement né de l’envie de faire cohabiter ces deux dimensions.

Le Marc spontané, enthousiaste, parfois un peu fou et insouciant.

Et le Marc devenu plus discipliné, rigoureux, patient et capable de construire un projet sur plusieurs années.

Je veux savoir s’il est possible de préparer un Ironman sans perdre ce qui me rend vivant.

De rester exigeant sans devenir prisonnier de l’exigence.

De progresser sans que la performance ne devienne la seule mesure de la réussite.

C’est probablement le défi le plus intéressant que je puisse me proposer aujourd’hui.

Une nouvelle construction

Ce projet ne commencera pas directement par un Ironman.

Il commence par une reconstruction.

En 2026, je travaille à nouveau sur mes fondations.

Je remets à plat une partie de mon entraînement et j’accepte volontairement de délaisser certains de mes points forts pour travailler davantage mes points faibles.

La force, La vitesse, Le seuil.

Des qualités que j’ai parfois moins développées au cours de mes années d’endurance.

Cela signifie accepter de ne pas toujours progresser immédiatement.

Parfois même, accepter de régresser temporairement pour construire quelque chose de plus solide.

Cette démarche est aussi particulièrement intéressante dans mon métier.

Travailler sur mes propres limites m’oblige à explorer d’autres méthodes, d’autres formes d’entraînement et d’autres façons de progresser.

Cela enrichit ma propre pratique.

Mais aussi ma manière d’accompagner les personnes qui me font confiance.

En 2027, l’objectif sera de revenir progressivement vers des distances intermédiaires, avec notamment un retour vers le marathon et le half Ironman.

Des étapes nécessaires pour reconstruire progressivement les qualités physiques, mais aussi la relation que je souhaite désormais entretenir avec l’entraînement.

Puis viendra 2028.

Avec deux projets très différents.

Un premier Ironman à Lanzarote, avec un objectif simple : vivre pleinement l’expérience.

Sans chrono.

Sans objectif de performance.

Simplement retrouver le plaisir d’un grand projet, d’une longue préparation et d’une aventure que j’aurai construite avec le temps.

Puis un second Ironman à l’automne, dans une destination qui reste encore à définir.

Peut-être Cascais, Peut-être Barcelone.

Cette fois, avec un objectif de performance.

Mais pas uniquement.

L’ambition sera de tenter de passer sous les dix heures, tout en conservant ce que je cherche aujourd’hui à construire : une performance qui reste compatible avec le plaisir.

Car je ne veux plus choisir entre les deux.

Je veux apprendre à les faire coexister.

« On ne se prépare pas seulement à atteindre un objectif. On devient progressivement la personne capable de l’atteindre. »

Et certains projets sont trop grands pour être réalisés par la personne que nous sommes aujourd’hui.

C’est justement pour cela qu’ils sont importants.

Explorer

Continuer à vivre des aventures

Tous les projets importants ne nécessitent pas un chrono.

Certains objectifs sont simplement là pour nous faire sortir de notre quotidien.

Pour nous confronter à l’inconnu.

Pour nous rappeler que le sport peut aussi être une aventure.

Dans les prochaines années, j’ai envie de retrouver davantage cette dimension.

Je souhaite notamment réaliser la Route des Grandes Alpes à vélo, entre Thonon-les-Bains et Nice, sur plusieurs jours.

Un projet différent d’une course cycliste.

Pas de classement.

Pas de ligne d’arrivée à franchir le plus vite possible.

Simplement une route, des montagnes, de l’effort et le plaisir de traverser un territoire par ses propres moyens.

J’ai également envie de refaire le GR20, cette fois dans une logique d’aventure et d’immersion.

Marcher plusieurs jours.

Porter ce dont on a besoin.

Accepter les conditions météorologiques, la fatigue et les imprévus.

Avancer simplement, étape après étape.

Ces projets ont une place importante dans ma manière de concevoir le sport.

Parce qu’ils rappellent que l’activité physique n’a pas toujours besoin d’être optimisée.

Elle peut aussi simplement nous permettre de découvrir.

De ressentir. De partager.

De nous confronter à nous-mêmes autrement.

Expérimenter

Continuer à apprendre en vivant les choses

Je crois que c’est probablement ce qui continuera le plus à guider mon parcours.

J’aime apprendre. J’aime comprendre.

Mais j’ai aussi besoin d’expérimenter.

Certaines choses ne peuvent pas être réellement comprises uniquement dans les livres ou les formations.

Il faut parfois les vivre.

Les ressentir. Les observer. Les questionner.

C’est aussi de cette manière que j’ai abordé le jeûne.

Cette expérience de 60 heures a été bien plus qu’une simple période sans alimentation.

Elle a été une véritable expérience d’observation.

De mon corps. De mes sensations. De mes habitudes.

De ma relation à la nourriture.

Elle m’a obligé à ralentir et à observer certaines choses que je n’avais jamais pris le temps d’observer auparavant.

Je n’ai pas vécu cette expérience comme une performance.

Je l’ai vécue comme une exploration.

Et elle a profondément nourri ma réflexion personnelle.

Elle m’a également rappelé quelque chose d’essentiel dans ma manière de fonctionner :

« j’aime comprendre les choses, mais j’ai besoin de les vivre pour réellement les intégrer. »

Je souhaite continuer à explorer cette dimension dans les prochaines années.

Retourner vers le jeûne.

Expérimenter de nouvelles formes de pratique.

Découvrir de nouvelles manières d’interroger le rapport que nous entretenons avec notre corps, notre alimentation, notre effort et notre quotidien.

Toujours avec la même démarche :

ne pas chercher une vérité universelle.

Ne pas transformer une expérience personnelle en méthode à appliquer à tout le monde.

Mais expérimenter. Observer. Comprendre.

Puis transmettre ce qui peut être utile.

Et dans mon métier ?

Mon futur ne se résume évidemment pas à mes propres projets sportifs.

Ce qui m’intéresse le plus dans les prochaines années est probablement de continuer à apprendre des personnes que j’accompagne.

Chaque personne apporte une nouvelle histoire.

Une nouvelle manière de fonctionner.

De nouvelles contraintes.

De nouvelles ressources à identifier et à développer.

Mon objectif est de continuer à progresser dans ma capacité à accompagner ces personnes au plus près de ce dont elles ont réellement besoin.

De mieux comprendre les mécanismes qui permettent à chacun de développer ses propres ressources.

De créer les conditions permettant à une personne de devenir progressivement plus autonome, plus capable et plus confiante dans sa relation avec son corps et ses capacités.

Et surtout, de continuer à observer ce qui se passe lorsque le sport devient un moyen de transformation plus large.

Lorsqu’une personne dort mieux, qu’elle retrouve de l’énergie, qu’elle recommence à croire en ses capacités, qu’elle ose se fixer un objectif qu’elle pensait inaccessible.

Lorsqu’elle découvre qu’elle est capable de bien plus qu’elle ne l’imaginait.

C’est probablement cela qui continuera à me faire progresser le plus.

Les personnes que j’accompagne. Les expériences que je vivrai.

Les questions que je continuerai à me poser.

Et la capacité à rester suffisamment curieux pour accepter de ne jamais considérer que j’ai terminé d’apprendre.

Mon futur n’est donc pas écrit.

Et c’est probablement ce qui le rend intéressant.

Je sais seulement que je veux continuer à construire des projets ambitieux.

À explorer de nouveaux horizons. À expérimenter.

À apprendre. Et à transmettre.

Parce qu’au fond, je crois que c’est ce qui m’a toujours fait avancer.

La curiosité de découvrir qui je peux encore devenir.