Road to 2028 : progresser sans perdre mon équilibre

Janvier 2026

Depuis l’IronMan de Nice, on me pose souvent la même question :

Coureur sur un sentier de montagne face aux sommets enneigés de la Pointe Percée.
Photo d’illustration. © margaux le map.

« C’est quoi la suite ? Tu as quoi comme objectif maintenant ? »

Et je vous réponds :

« Je ne sais pas. »

Au début, c’était normal. J’avais besoin de temps pour digérer, pour ne pas replonger trop vite dans une nouvelle préparation, trop chronophage, trop coûteuse, ou en tout cas pas pour les mauvaises raisons.

Mais un an plus tard, la réponse est restée la même.

Et elle est devenue culpabilisante.

Le temps passe… et je ne sais toujours pas.

Ce n’est pas grave en soi.

Mais ça me renvoie à une question plus profonde : qui je suis, sans objectif ?

Je suis sportif, coach, un « IronMan », c’est une étiquette que j’ai construite et qui me suit.

Et aujourd’hui, j’ai l’impression qu’elle m’impose comme une pression.

Parce que si je ne suis plus ce sportif-là… qui suis-je ?

Derrière la question du prochain objectif se cache en réalité quelque chose de bien plus profond, de plus vertigineux.

Ne pas réussir à répondre, c’est un peu comme faire face à une page blanche.

Et avec elle, cette sensation étrange de ne plus trop savoir qui je suis sans cette étiquette.

Alors je cherche.

Ce qui m’anime. Ce que je veux. Ce que je vais faire…

Mais rien ne vient vraiment.

J’ai pourtant conscience d’avoir déjà vécu beaucoup de belles choses.

De belles courses, de belles performances à mon niveau, de vrais souvenirs.

Mais je n’ai pas envie de simplement les réchauffer.

J’ai envie de nouveau. De découverte. De différent.

Mais je ne sais pas encore où le trouver.

En réalité, à force de chercher, je crois que je sais vers quoi je veux aller.

Mais j’ai aussi compris une chose essentielle : je n’y arriverai pas maintenant.

Vouloir absolument une réponse « rapide » m’a amené à chercher une solution qui n’existe pas à court terme.

Aujourd’hui, je sais vers quoi je tends.

Je veux retourner sur IronMan.

Parce que ce format me fascine toujours.

Et parce que j’ai une revanche à prendre sur moi, notamment sur cette arrivée à Nice que je n’ai pas pleinement vécue.

Si je reviens, ce sera avec deux axes clairs :

– un objectif : passer sous les 10 heures

– une intention : vivre une préparation et une course avec du plaisir et de la légèreté

Être fort et discipliné, oui.

Mais pas au prix de ma joie et de mon équilibre.

Et aujourd’hui, je n’en suis pas capable.

Je pourrais viser ce chrono en reproduisant des schémas que je connais déjà… mais je ne le veux plus.

Je ne sais pas encore comment maintenir une telle rigueur sans m’y enfermer. Et là semble être tout le nœud de ce long questionnement. Comment faire mieux mais différemment ? Comment me renouveler, changer, évoluer tout en progressant quand même ?

L’objectif en devient encore plus ambitieux et passionnant. Je vais découvrir une forme de nouveauté dans un terrain connu et ça semble prendre tout son sens !

Alors 2026 ne sera qu’un premier pas.

Il ne sera pas étincelant.

Il ne sera pas instagrammable.

Il ne sera pas à la hauteur de ce que j’aimerais qu’il soit.

Mais il sera décisif et constructeur.

À force de réflexion je cerne mieux vers quoi je tends.

Je dois accepter de ne pas pouvoir y arriver cette année pour me donner la possibilité d’y arriver pleinement plus tard.

Je fais le deuil — temporaire — de certaines ambitions pour me laisser la possibilité de les accomplir pleinement le moment voulu.

Aujourd’hui, je dois faire cohabiter trois versions de moi :

celui que j’étais, celui qui s’est rigoureusement construit ces dernières années pour devenir l’athlète, le coach et l’homme que je suis.

celui que je suis en cet instant,

et celui que je voudrais devenir.

Le dernier n’existera pas sans les deux premiers, sans l’expérience de l’un et la réflexion de l’autre.

Et celui que je suis aujourd’hui doit apprendre de l’un pour devenir l’autre.

Cela semble inconfortable, parfois frustrant.

Mais c’est juste la vie.

Le nier serait se tromper, alors j’ai choisi d’être patient.

D’apprendre. De mettre en place les choses différemment.

J’ai décidé d’évoluer et j’ai besoin de temps pour ça.

Je sais ce que je ne veux plus et je ne sais pas encore exactement comment atteindre ce que je veux.

Mais j’entrevois un chemin qui me parle.

Dans six mois, tout sera peut-être plus clair. Ou pas.

J’aurai peut-être changé d’envie ou de direction.

Mais au moins, j’aurai avancé.

Parce que rien ne se passe en attendant simplement.

Aujourd’hui, je fais confiance au processus.

J’ajuste ma trajectoire.

Elle ne sera pas étincelante en 2026, mais elle sera déterminante pour la suite.

Et je le sais : une fois un objectif atteint, ces questions reviendront.

Il faudra à nouveau s’écouter, s’adapter, se remettre en mouvement.

Mais je sais aussi une chose :

je l’ai déjà fait.

Et je serai capable de le refaire.

À lire aussi : Ironman Nice 2024 : mon récit de course en 10 h 53 · L’évolution personnelle : quand on ne peut plus être celui qu’on a été.

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