16 juin 2024
Retour à Nice ce 16 juin pour revivre cette magnifique course ! 🏊🏃🚴🌴☀️🏅
Je n’ai jamais été aussi serein avant un tel événement !
Ça m’a intrigué jusqu’au départ.
Pas de stress particulier durant la semaine, une confiance étonnante pendant les préparatifs sur Nice et une sérénité surprenante le jour J !
Je savais au fond de moi que je n’aurais pas pu faire une meilleure prépa (bon, sauf en nat’… on est d’accord 🫣😂).
Mais même ça, c’était un choix réfléchi et validé au final.
Je pense, même si je ne voulais pas me l’avouer, que j’avais pleinement confiance en mes capacités de m’offrir la course dont je rêvais.
Que celle-ci soit l’aboutissement de ces 9 mois intenses de préparation.
Les objectifs étaient « simples » :
1. Finir ! C’est un Ironman, aller au bout est déjà une victoire en soi.
2. Sub 11 h – 1 h de moins qu’à Vichy, il y a 3 ans. Ambitieux mais réalisable, si tout s’aligne. Le faire avec un Marathon en 3 h 30 – une belle perf et la preuve d’une bonne gestion.🤞
3. prendre du plaisir tout au long de la course !
Il y avait aussi des petits “bonus”: top 100 et une qualif’ pour Hawaï.
Mais ça, ça ne dépendait pas de moi.
Hawaï, c’était plus un rêve qu’une réelle possibilité. Mais rêver fait avancer, et cette idée m’a poussé toute la prépa à en faire un peu plus pour me donner toutes mes chances !
Me voilà donc sur la ligne, sur cette plage, face à la Méditerranée avec tout ça bien en tête !
Le départ est donné, et là, sensation incroyable : je n’ai jamais aussi bien nagé !
4 bords de 900 m à faire, dès le premier, j’ai l’impression qu’on m’a savonné la combi tellement je glisse !
C’est improbable, je me dis qu’il y a peut-être du courant. Je nage en 1’30/100 m alors que je visais 2’ (je vous rappelle que j’ai nagé que 14 km depuis le début de la prépa 😅).
Finalement, il n’y avait pas de courant, je nageais juste bien, et je prenais un plaisir fou !
Je souris, je profite de cet écrin magnifique !
Je sors de l’eau frais, dans un temps inespéré de 1 h 06 (1’45/100 m), ce qui me donne de la marge sur mes objectifs.
Maintenant place au vélo ! 🚴🏔️
T1 se passe super bien, je suis étonnamment rapide, même si le parc à vélo est immense. Mais quel plaisir de traverser enfin ce lieu qui m’a fait plusieurs fois rêver devant la TV !
J’attaque donc le vélo dans les meilleures dispositions.
Pas beaucoup de monde autour de moi sur la Promenade, ça file sur les prolongateurs, c’est vraiment beau, quel kiff !
Bon les jambes, elles, ne semblent pas incroyables sur les premiers pourcentages, mais c’est surtout le niveau autour de moi qui me donne cette impression. Ça roule très fort !
Je m’y attendais, on est à Nice… mais là, c’est très très solide !
Cette boucle à vélo est splendide, mais aussi longue et difficile.
Pas facile de savoir si le rythme est le bon, mais les watts et le cardio sont OK !
Je n’ai vraiment pas l’impression d’aller vite par contre, mais pousser plus serait risqué.
Arrivé sur le plateau après le col de l’Ècre, la moyenne est cata, mais quasiment tout le dénivelé est derrière moi. À ce moment-là je suis pas super confiant, et le vent de face n’aide pas sur cette portion que j’espérais roulante et facile.
Après quelques calculs rapides (et certainement pas fiables 😅), je me dis qu’il va falloir faire les 80 derniers kilomètres à plus de 40 km/h de moyenne pour tenir les objectifs 😳!!!
Heureusement, la longue descente vers le col de Vence fait remonter assez rapidement la moyenne, quel bonheur cette descente ! Le col lui fait mal à tout le monde, et je semble moins “collé” qu’au début en montée 😝.
Sur la dernière partie descendante, je débranche complètement le cerveau. À bloc, comme s’il n’y avait plus rien derrière… j’ai pris énormément de plaisir sur cette partie et grillé quelques cartouches inutilement aussi, mais sans regret !
Finalement, après un retour bien appuyé vers Nice, je pose le vélo en ayant conforté mon avance sur l’objectif. 6 h 06 sur le vélo !
Il me reste 4 h pour boucler le marathon. Les planètes semblent s’aligner aujourd’hui 🙏.
Voilà maintenant le marathon 🤩😱
Je l’attends autant que je le redoute.
J’ai trop souffert à l’entraînement, et je ne veux pas revivre ça (peut-être ma plus grosse erreur dans cette prépa, mais j’y reviendrai dans un autre post).
4 boucles sur la Promenade des Anglais, ce lieu mythique, c’est un rêve d’être là dans cet écrin !
Le premier tour restera le meilleur moment de cet Ironman ✨🪽
Tellement facile et plaisant, je souris, je vole.
C’est l’image que je garderai de cette course !
Mais je sais que cet état d’euphorie ne durera pas.
Comme prévu, la fête se ternit vers le 10e kilomètre. Ma stratégie de ravito n’est pas bonne, et je commence à le payer !
J’avais choisi de partir avec les poches vides, et de profiter des ravitos tous les 2 km. Je ne fais jamais ça, car je préfère être autonome, mais là je me suis dit que ça passerait. Malheureusement, les tables passent trop vite, et je n’ai pas le temps de me rafraîchir et me ravitailler suffisamment en courant. Les verres des bénévoles sont parfois à moitié vides, ou j’en mets la moitié à côté donc en réalité je ne contrôle plus du tout mon apport glucidique…
S’ensuit une terrible bagarre interne. J’ai beaucoup d’avance sur l’objectif, ce qui me rassure. Je choisis de ralentir, surtout au ravito (en marchant pour mieux gérer), mais je ralentis trop.
Le plus dur sur ce marathon c’est cette boucle et l’aéroport au loin !
C’est le cimetière des éléphants là-bas (référence au Roi Lion 🦁 !). À chaque passage devant la ligne il faut y retourner, je me dis que je n’en reviendrai pas !
Les kilomètres défilent dans la souffrance malgré une ambiance incroyable. Le rythme est correct, mais au prix de gros efforts.
À l’entame du dernier tour, mon avance a fondu ! Il faut que je donne un peu plus. Je sais que je vais faire une super course, mais si je ne valide pas mes objectifs, je serai déçu. Alors je serre les dents, je me recentre sur moi et je m’enferme dans ma bulle.
Le cimetière des éléphants s’éloigne une dernière fois, et je sais que je n’y reviendrai plus et que je ne m’y suis pas perdu.
Malheureusement, je n’arrive pas à sortir de ma bulle pour profiter de l’ambiance folle des derniers kilomètres. Je n’ai qu’une pensée : passer cette ligne pour mettre fin à cette souffrance que je m’inflige. Je crois que je l’aime autant que je la déteste !
Finish line, 200 m, ça va s’arrêter ! J’y repense maintenant mais je n’ai jamais douté de passer cette ligne !
Je ne me souviens pas beaucoup de ces derniers instants malheureusement, mais heureusement, il y a les photos et vidéos de mes proches.
Je « sprinte » pour finir, je suis heureux, fier, satisfait et content que ce soit fini.
Je passe l’arche, je m’effondre et savoure l’instant (peut-être plus longtemps que j’aurais pensé car le médecin vient voir si tout va bien). « Oui oui, ça va très bien ! »
Je viens de réaliser ma plus belle perf et surtout je ne souffre plus 😂 !
En me relevant, je réalise que je suis à bout de force. Ma stratégie d’alimentation sur le marathon a complètement foiré. Je n’ai pas tapé le mur, mais j’ai tourné en sous-régime sur 30 km. Je ne comprendrai cela que plus tard, après avoir mangé et repris des forces.
Je m’aperçois qu’il me reste « beaucoup » d’énergie en fait !
Je suis fier, mais je commence à réaliser mon erreur et ça me contrarie au fond de moi.
Pour autant le contrat est pleinement rempli :
10 h 53 – Sub 11 avec un marathon en 3 h 31 !
C’était l’objectif haut de la journée. Toutes les planètes étaient alignées ce 16 juin, et elles venaient récompenser 9 mois d’investissement.
Il ne me manquera que la cerise sur le gâteau… profiter et prendre du plaisir jusqu’à la ligne ! Et pour ça, je l’ai su tout de suite, je reviendrai sur Ironman !
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