L’être humain est fait pour changer, pour évoluer. Comme tout ce qui vit dans la nature, nous sommes en perpétuel mouvement. Mais nos pensées, nos croyances, nos choix et parfois notre environnement sont un frein à cette évolution naturelle.
Vouloir changer est donc normal. Pouvoir changer est une aventure !
Car cette envie, et le courage d’en prendre le chemin, sont comme une promesse que l’on se fait à soi-même : celle de rendre demain différent, car plus vivant.
Pourtant, souvent, on garde au fond de soi cette envie, ce besoin. On sait qu’il faudrait faire autrement, mais on n’arrive pas forcément à se mettre en mouvement. Simplement parce que changer demande de l’énergie, des actions, des choix… et que parfois, survivre dans ce qu’on connaît est déjà un effort immense, c’est déjà le mieux que l’on puisse faire.
C’est là qu’un élément extérieur vient faire toute la différence. Ce que Spinoza appelle « le désir » devient la force d’attraction suffisamment puissante pour oser déséquilibrer notre quotidien afin d’embrasser le changement !
Il est parfois difficile de changer juste pour soi. Il est plus simple de le faire pour atteindre quelque chose de nouveau, quelque chose que l’on désire vivre, avoir ou découvrir. Car on déplace plus facilement des montagnes pour un but extérieur, même si, au fond, chaque action nourrit en réalité notre monde intérieur.
Le changement, c’est donc une rencontre. Une rencontre entre une envie intérieure et un élément extérieur qui nous aide à la matérialiser.
C’est une force intérieure qui cherche à grandir, et un appel du monde qui lui montre où aller. L’un sans l’autre, rien ne se passe. L’envie se perd ou s’éteint, en laissant un vide impossible à combler.
Mais ensemble, ils créent le mouvement, l’élan, la dynamique, l’énergie qui donne une voix audible au silence assourdissant présent jusqu’alors !
Ce changement ne peut venir d’un effort forcé, ni d’une volonté crispée. On peut savoir, vouloir, essayer… seul, rien ne se passe. Il naît quand quelque chose, dehors, réveille ce qui dormait dedans.
Quand une image, une personne, une situation, une rencontre, un désir vient murmurer à notre être : « C’est par là. »
Et il faut comprendre que ce n’est pas l’extérieur qui nous transforme, mais le désir qu’il éveille en nous… Ce tiraillement doux et puissant qui pousse notre être, ce que nous sommes à cet instant T, à accepter le déséquilibre, le risque, l’inconnu, pour oser aller vers une nouveauté, certes incertaine, mais qui nous semble vitale.
Changer, ce n’est donc pas devenir quelqu’un d’autre. C’est devenir plus pleinement soi.
C’est répondre à l’appel du monde, et laisser ce qui vit en nous trouver enfin son mouvement.
Alors oui, cette promesse ne sera pas de tout repos. Elle ne se fera pas sans prendre des risques, ou sans trébucher. Mais quand on est sur ce chemin du changement, on sent en soi que c’est par là qu’il faut aller.
Et à ce moment, il n’est plus temps de pleurer ce qui se finit, mais de sourire parce que c’est arrivé, et d’embrasser ce désir extérieur qui t’ouvre les bras pour être Toi, un peu plus, un peu mieux.
« C’est quoi la suite ? Tu as quoi comme objectif maintenant ? »
Et je vous réponds :
« Je ne sais pas. »
Au début, c’était normal. J’avais besoin de temps pour digérer, pour ne pas replonger trop vite dans une nouvelle préparation, trop chronophage, trop coûteuse, ou en tout cas pas pour les mauvaises raisons.
Mais un an plus tard, la réponse est restée la même.
Et elle est devenue culpabilisante.
Le temps passe… et je ne sais toujours pas.
Ce n’est pas grave en soi.
Mais ça me renvoie à une question plus profonde : qui je suis, sans objectif ?
Je suis sportif, coach, un « IronMan », c’est une étiquette que j’ai construite et qui me suit.
Et aujourd’hui, j’ai l’impression qu’elle m’impose comme une pression.
Parce que si je ne suis plus ce sportif-là… qui suis-je ?
Derrière la question du prochain objectif se cache en réalité quelque chose de bien plus profond, de plus vertigineux.
Ne pas réussir à répondre, c’est un peu comme faire face à une page blanche.
Et avec elle, cette sensation étrange de ne plus trop savoir qui je suis sans cette étiquette.
Alors je cherche.
Ce qui m’anime. Ce que je veux. Ce que je vais faire…
Mais rien ne vient vraiment.
J’ai pourtant conscience d’avoir déjà vécu beaucoup de belles choses.
De belles courses, de belles performances à mon niveau, de vrais souvenirs.
Mais je n’ai pas envie de simplement les réchauffer.
J’ai envie de nouveau. De découverte. De différent.
Mais je ne sais pas encore où le trouver.
En réalité, à force de chercher, je crois que je sais vers quoi je veux aller.
Mais j’ai aussi compris une chose essentielle : je n’y arriverai pas maintenant.
Vouloir absolument une réponse « rapide » m’a amené à chercher une solution qui n’existe pas à court terme.
Aujourd’hui, je sais vers quoi je tends.
Je veux retourner sur IronMan.
Parce que ce format me fascine toujours.
Et parce que j’ai une revanche à prendre sur moi, notamment sur cette arrivée à Nice que je n’ai pas pleinement vécue.
Si je reviens, ce sera avec deux axes clairs :
– un objectif : passer sous les 10 heures
– une intention : vivre une préparation et une course avec du plaisir et de la légèreté
Être fort et discipliné, oui.
Mais pas au prix de ma joie et de mon équilibre.
Et aujourd’hui, je n’en suis pas capable.
Je pourrais viser ce chrono en reproduisant des schémas que je connais déjà… mais je ne le veux plus.
Je ne sais pas encore comment maintenir une telle rigueur sans m’y enfermer. Et là semble être tout le nœud de ce long questionnement. Comment faire mieux mais différemment ? Comment me renouveler, changer, évoluer tout en progressant quand même ?
L’objectif en devient encore plus ambitieux et passionnant. Je vais découvrir une forme de nouveauté dans un terrain connu et ça semble prendre tout son sens !
Alors 2026 ne sera qu’un premier pas.
Il ne sera pas étincelant.
Il ne sera pas instagrammable.
Il ne sera pas à la hauteur de ce que j’aimerais qu’il soit.
Mais il sera décisif et constructeur.
À force de réflexion je cerne mieux vers quoi je tends.
Je dois accepter de ne pas pouvoir y arriver cette année pour me donner la possibilité d’y arriver pleinement plus tard.
Je fais le deuil — temporaire — de certaines ambitions pour me laisser la possibilité de les accomplir pleinement le moment voulu.
Aujourd’hui, je dois faire cohabiter trois versions de moi :
celui que j’étais, celui qui s’est rigoureusement construit ces dernières années pour devenir l’athlète, le coach et l’homme que je suis.
celui que je suis en cet instant,
et celui que je voudrais devenir.
Le dernier n’existera pas sans les deux premiers, sans l’expérience de l’un et la réflexion de l’autre.
Et celui que je suis aujourd’hui doit apprendre de l’un pour devenir l’autre.
Cela semble inconfortable, parfois frustrant.
Mais c’est juste la vie.
Le nier serait se tromper, alors j’ai choisi d’être patient.
D’apprendre. De mettre en place les choses différemment.
J’ai décidé d’évoluer et j’ai besoin de temps pour ça.
Je sais ce que je ne veux plus et je ne sais pas encore exactement comment atteindre ce que je veux.
Mais j’entrevois un chemin qui me parle.
Dans six mois, tout sera peut-être plus clair. Ou pas.
J’aurai peut-être changé d’envie ou de direction.
Mais au moins, j’aurai avancé.
Parce que rien ne se passe en attendant simplement.
Aujourd’hui, je fais confiance au processus.
J’ajuste ma trajectoire.
Elle ne sera pas étincelante en 2026, mais elle sera déterminante pour la suite.
Et je le sais : une fois un objectif atteint, ces questions reviendront.
Il faudra à nouveau s’écouter, s’adapter, se remettre en mouvement.
Il existe des périodes dans une vie où tout semble demander un effort.
Photo d’illustration.
Pas forcément un effort spectaculaire. Pas celui que l’on choisit lorsque l’on décide de repousser ses limites, de gravir une montagne, de préparer une compétition ou de se lancer dans un nouveau projet. Ces efforts-là peuvent nous fatiguer profondément, mais ils portent en eux une forme d’élan. Nous savons pourquoi nous les faisons. Ils sont reliés à quelque chose qui compte pour nous, à une envie, à un objectif, à une direction que nous avons choisie.
Je parle d’un autre type d’effort.
Celui qui apparaît lorsque les gestes les plus simples semblent soudain demander davantage de volonté qu’avant. Lorsque se lever le matin devient déjà une petite victoire. Lorsque préparer un repas équilibré paraît réclamer une organisation disproportionnée. Lorsque nous aimerions appeler quelqu’un que nous aimons, mais que nous n’avons même plus l’impression d’avoir suffisamment de disponibilité pour cela. Lorsque nous savons qu’une sortie à pied ou une séance de sport nous ferait du bien, mais qu’il faut trouver en nous une force que nous ne comprenons pas avoir à chercher.
Ou lorsque quelqu’un nous parle et que nous aimerions réellement l’écouter, mais que notre esprit est déjà occupé par dix autre chose.
Rien de spectaculaire, parfois. La vie continue. Nous faisons ce que nous avons à faire. Pourtant, chaque petite action semble peser un peu plus lourd qu’elle ne le devrait.
Alors souvent, nous cherchons une explication.
Nous nous disons que nous avons perdu notre motivation. Que nous manquons de discipline. Que nous sommes devenus moins courageux qu’avant. Que nous avons simplement besoin de nous reprendre en main.
Nous regardons parfois avec nostalgie la personne que nous étions quelques années auparavant : celle qui trouvait facilement le temps de faire du sport, de voir ses amis, de mener plusieurs projets de front, de découvrir de nouvelles choses. Et, sans toujours nous en rendre compte, nous utilisons cette ancienne version de nous-mêmes comme une mesure à laquelle nous comparons celle que nous sommes devenus.
Et cette comparaison est parfois profondément injuste.
Car nous oublions une chose essentielle : nous ne sommes jamais exactement la même personne d’une période à l’autre de notre vie.
Nos responsabilités changent. Nos contraintes évoluent. Notre sommeil, notre environnement, notre travail, notre corps et nos relations traversent des périodes différentes. Des proches peuvent avoir besoin de nous. Des inquiétudes peuvent nous accompagner sans que personne ne les voie. Certaines charges occupent notre esprit même lorsque nous ne sommes pas en train de nous en occuper.
Pourtant, nous continuons parfois à nous demander pourquoi nous n’arrivons plus à faire comme avant.
Comme si nos capacités étaient figées. Comme si la volonté était une réserve infinie dans laquelle nous pouvions puiser à volonté. Comme si savoir ce que nous devrions faire devait nécessairement nous donner la capacité de le faire.
Mais peut-être que la question n’est pas là.
Peut-être que nous ne sommes pas devenus moins capables. Peut-être disposons-nous simplement, à cet instant de notre vie, de moins de ressources pour répondre à tout ce que nous leur demandons.
Cette idée a profondément changé ma manière de regarder l’effort, la progression et même la fatigue.
Nous ne sommes pas des machines auxquelles il suffirait d’ajouter une tâche dans un programme déjà chargé. Nous sommes des êtres vivants, et nos capacités ne sont jamais totalement fixes. Notre corps, notre attention, notre patience, nos émotions et notre capacité à décider ou à être présents pour les autres évoluent constamment.
Certaines journées nous donnent l’impression que tout est possible. Puis d’autres périodes arrivent. Une succession de mauvaises nuits, une difficulté personnelle, une période professionnelle intense, une maladie ou simplement l’accumulation de petites contraintes finissent par changer la donne.
Les mêmes problèmes prennent davantage de place. Les décisions les plus simples deviennent fatigantes. Ce qui nous faisait plaisir devient parfois une obligation. Nous avons encore envie de certaines choses, mais nous ne parvenons plus à les mettre en mouvement.
Nous jugeons parfois notre fatigue à partir de ce que nous avons fait, sans regarder ce que cela nous a demandé.
Si nous pensons que le problème vient uniquement d’un manque de volonté, nous allons naturellement chercher à nous forcer davantage. Ajouter des contraintes. Nous imposer de nouvelles règles. Chercher à être encore plus efficaces, encore plus organisés.
Parfois, cela fonctionne.
Pendant un temps.
Nous sommes capables de puiser dans nos réserves. De dormir un peu moins, de repousser notre fatigue, de mettre de côté certaines choses qui nous font du bien. Nous pouvons tenir beaucoup plus longtemps que nous ne le pensions.
Mais tenir n’est pas toujours la même chose qu’aller bien.
Et continuer à avancer ne signifie pas nécessairement que nous avons encore les ressources nécessaires pour continuer longtemps de la même manière.
C’est une distinction que j’ai retrouvée dans l’accompagnement des personnes rencontrées au fil des années. Certaines savaient très précisément ce qu’elles voulaient changer : reprendre une activité physique, mieux manger, prendre davantage soin d’elles, retrouver du plaisir dans leur quotidien. Elles avaient envie d’avancer. Elles savaient parfois parfaitement par où commencer.
Mais elles n’arrivaient pas à passer à l’action.
Elles savaient. Mais elles n’avaient plus toujours la capacité d’agir.
Et derrière cette difficulté apparente se cachait parfois quelque chose de beaucoup plus profond. Lorsqu’une personne manque de ressources, elle ne manque pas seulement de capacité à faire du sport ou à prendre soin de son alimentation. Elle peut aussi manquer de disponibilité pour réfléchir à sa vie, se demander si son travail lui convient encore, regarder honnêtement son rythme ou imaginer autre chose.
Il est difficile de changer de direction lorsque toute notre capacité est déjà consacrée à maintenir le cap.
Nous pouvons être constamment en mouvement tout en ayant l’impression de ne plus vraiment avancer. Faire beaucoup. Donner beaucoup. Répondre aux attentes. Remplir nos obligations. Tenir notre rôle dans notre famille, notre travail, nos relations.
De l’extérieur, tout semble fonctionner.
Mais intérieurement, quelque chose s’est progressivement réduit.
Moins d’espace pour réfléchir. Moins d’espace pour rêver. Moins d’espace pour essayer. Moins d’espace pour changer.
Nous avons accès à plus d’informations que jamais. Nous connaissons les bienfaits du sommeil, de l’activité physique, d’une alimentation adaptée et des moments de récupération. Nous savons souvent ce qui pourrait nous faire du bien.
La plupart du temps, nous ne manquons donc pas de connaissances.
Nous manquons parfois de disponibilité intérieure pour transformer ces connaissances en actions.
Ce n’est pas une excuse pour renoncer à agir. C’est une invitation à mieux comprendre ce qui nous empêche d’agir. Peut-être n’avons-nous pas besoin de davantage de pression. Peut-être avons-nous d’abord besoin de retrouver suffisamment de capacité pour faire quelque chose de cette volonté que nous avons encore.
Avant de demander davantage à une personne, il faut parfois l’aider à retrouver davantage de capacités.
C’est cette réflexion qui m’a amené à chercher une autre manière de représenter notre fonctionnement. Une image suffisamment simple pour rendre visible une réalité que nous ressentons, mais que nous avons du mal à expliquer.
J’ai commencé à imaginer que chacun de nous possédait un capital invisible.
Un capital que nous ne pouvons pas compter précisément, mais qui influence en partie ce que nous sommes capables de faire, de supporter, d’entreprendre et même d’imaginer.
Pour rendre cette idée concrète, imaginons qu’au début d’une semaine nous disposions de cent unités de ressources.
Cent unités pour travailler, prendre soin de nos proches, être présents dans nos relations, réfléchir, décider, bouger, faire face aux imprévus, rire, aimer et avancer.
Ces cent unités ne sont évidemment pas une mesure scientifique. Aucun compteur dans notre corps ne nous indique le solde disponible. C’est une expérience de pensée, une façon de rendre visible quelque chose d’invisible.
Car nous avons tous des ressources avec lesquelles nous avançons. Elles varient d’une personne à l’autre, d’une période de notre vie à une autre, et même d’une semaine à l’autre.
Et si, lorsque tout devient plus lourd, nous ne cherchions pas uniquement à retrouver notre ancienne volonté ?
Si nous commencions par regarder avec quelles ressources nous avançons aujourd’hui ?
C’est à partir de cette image que tout le reste peut commencer.
Partie 2 — Le capital invisible que nous utilisons chaque jour
Imaginons que nous ouvrions les yeux le lundi matin avec ces cent unités. Elles sont là pour nous permettre de traverser la semaine, de répondre à nos obligations, de nous occuper de ceux qui comptent pour nous et de faire face à ce que la vie déposera sur notre chemin.
Dès le début de la journée, nous commençons à les mobiliser.
Une partie pour le travail. Une autre pour nos enfants, notre famille, nos amis. Une autre pour notre activité physique, nos projets, nos obligations et toutes ces petites choses qui composent une vie ordinaire.
Mais cette répartition est beaucoup moins nette qu’elle n’en a l’air.
Nos ressources ne connaissent pas les frontières que nous traçons entre les différentes parties de notre existence.
Une journée de travail particulièrement difficile peut réduire notre patience lorsque nous rentrons chez nous, diminuer notre envie de bouger ou rendre plus difficile une décision que nous devons prendre. Une inquiétude qui nous accompagne depuis plusieurs jours peut occuper une place considérable dans notre esprit sans produire quoi que ce soit de visible. Une conversation difficile peut continuer à nous suivre longtemps après qu’elle s’est terminée. Une mauvaise nuit peut rendre plus coûteux le moindre effort du lendemain.
Nos ressources circulent d’un domaine à l’autre de notre existence, sans respecter les cases dans lesquelles nous aimerions les ranger.
C’est aussi pour cela que nous avons parfois tant de mal à comprendre notre propre fatigue.
Nous regardons notre journée et nous nous disons que nous n’avons finalement pas fait grand-chose. Une journée de travail normale. Quelques courses. Les enfants. Un repas à préparer. Peut-être un peu de sport. Rien qui, pris séparément, semble justifier cette sensation d’être vidé.
Mais nous ne vivons pas nos journées sous la forme d’une liste de tâches indépendantes.
Nous devons nous concentrer, décider, nous adapter, gérer des imprévus, contenir certaines émotions, anticiper ce qui vient et parfois faire face à des préoccupations qui ne nous quittent jamais vraiment. Même ce que nous ne faisons pas peut continuer à occuper notre esprit.
Notre journée ne se résume pas à ce que nous avons accompli. Elle comprend aussi tout ce que nous avons dû mobiliser pour y parvenir.
C’est ainsi que nos cent unités peuvent diminuer sans que nous ayons réellement conscience de les avoir dépensées.
Si notre quotidien mobilise l’ensemble de nos ressources, nous arrivons au bout de la semaine avec peu de marge. Ce n’est pas nécessairement un problème. Certaines semaines sont plus chargées que d’autres. Nous sommes capables de nous adapter, de mobiliser des ressources supplémentaires lorsque la situation l’exige, de traverser une période difficile ou de répondre présent lorsqu’un proche a besoin de nous.
Cette capacité est précieuse.
Elle nous permet de traverser les tempêtes.
Mais elle peut aussi nous tromper.
Imaginons que notre semaine ne demande pas cent unités, mais cent dix.
Nous pouvons malgré tout la terminer. Les dix unités supplémentaires ne vont pas apparaître miraculeusement. Nous allons trouver un moyen de faire face : réduire notre sommeil, rogner sur notre récupération, reporter une activité qui nous fait du bien, nous montrer moins patients ou simplifier certains choix pour pouvoir continuer.
Parfois, nous en aurons conscience. Parfois, non.
Nous avancerons simplement.
Comme nous savons si bien le faire.
Et c’est précisément là que le système devient trompeur. Une semaine terminée donne facilement l’impression que tout va bien. Nous avons travaillé, répondu aux messages, pris soin des enfants, honoré nos engagements. Nous avons peut-être même réussi à faire notre entraînement.
La semaine est passée.
Mais cela ne signifie pas que nous l’avons traversée sans coût.
Si les semaines suivantes nous demandent à nouveau plus que ce dont nous disposons, nous risquons de vivre durablement sur nos réserves. La métaphore des unités permet de représenter ce décalage : les demandes du quotidien dépassent, pendant un temps, les capacités dont nous disposons pour y répondre.
Dans la réalité, les mécanismes sont évidemment plus complexes qu’un simple compte. Le sommeil, l’attention, les émotions, la fatigue physique et la motivation ne sont pas des monnaies parfaitement interchangeables. Mais cette image nous aide à comprendre une chose essentielle : nous pouvons continuer à fonctionner alors même que notre marge de manœuvre se réduit.
Et cette réduction n’entraîne pas toujours un effondrement spectaculaire.
Elle peut prendre la forme d’une fatigue qui ne disparaît jamais complètement, d’une irritabilité inhabituelle, d’une difficulté à se concentrer, d’une perte progressive d’envie ou du sentiment de toujours courir après sa propre vie. Elle peut aussi se manifester par cette impression de savoir que quelque chose ne va pas sans parvenir à trouver suffisamment de calme pour comprendre quoi.
Nous pouvons alors chercher une solution supplémentaire.
Un nouvel objectif. Une nouvelle organisation. Une nouvelle méthode. Une nouvelle contrainte qui devrait, cette fois, nous permettre de reprendre le contrôle.
Mais lorsque nous sommes déjà à la limite de nos capacités, ajouter quelque chose n’est pas toujours la réponse.
Il faut parfois commencer par arrêter de puiser.
Retrouver une marge. Une respiration. Un peu d’espace entre ce que la vie nous demande et ce que nous sommes réellement capables de lui donner.
Car cette marge nous permet de faire quelque chose que nous avons de plus en plus de mal à faire lorsque tout notre quotidien repose sur nos dernières ressources : choisir.
Lorsque nous sommes mobilisés en permanence par les urgences, nous fonctionnons dans l’immédiat. Nous faisons ce qu’il faut. Nous répondons aux demandes. Nous réglons le problème du jour avant de penser à celui de demain.
Avec un peu de disponibilité, nous pouvons lever les yeux. Nous demander si notre manière de travailler nous convient réellement, si notre rythme est encore juste, si une habitude nous ressemble toujours, si nous voulons continuer dans cette direction.
Peut-être avions-nous déjà certaines réponses. Mais nous n’avions pas encore les ressources nécessaires pour les regarder en face.
C’est aussi pour cela qu’il me semble injuste de comparer trop rapidement les capacités d’action de deux personnes.
Deux personnes peuvent avoir exactement le même désir. Vouloir reprendre le sport, changer de travail, prendre davantage soin d’elles ou commencer un nouveau projet. Elles peuvent avoir la même volonté et comprendre parfaitement ce qu’elles voudraient faire.
Et pourtant, elles ne partent pas du même endroit.
L’une dispose peut-être d’assez de marge pour essayer, échouer, recommencer et apprendre. L’autre consacre déjà toutes ses ressources à maintenir l’équilibre fragile de son quotidien.
De l’extérieur, leurs situations peuvent sembler comparables.
À l’intérieur, elles ne le sont pas.
Nous voyons la décision finale, le changement, le nouveau départ. Nous voyons rarement tout ce qui a permis à une personne d’avoir, à cet instant précis, suffisamment de ressources pour franchir le pas.
Cela ne signifie pas que tout dépend de nos ressources, ni que nous pouvons toujours les augmenter à volonté. Les contraintes matérielles, les conditions de vie, la santé, les responsabilités et le soutien dont nous disposons comptent aussi. Mais comprendre notre état de départ permet de regarder nos difficultés avec davantage de justesse.
Les cent unités nous rappellent que notre capacité à agir n’est pas indépendante de notre capacité à vivre.
Nous ne disposons pas d’un réservoir séparé pour le travail, d’un autre pour la famille, d’un autre pour le sport et d’un dernier pour nos projets personnels. Notre quotidien forme un ensemble. Chaque nouvelle demande prend place dans cet ensemble et peut modifier l’équilibre des autres domaines.
La question n’est donc pas seulement : « Est-ce que je peux le faire ? »
C’est aussi : « Avec quelles ressources vais-je le faire ? Et qu’est-ce que cela risque de mobiliser ailleurs ? »
Nous pouvons traverser une période dans le rouge. La vie nous l’imposera parfois. Ce qui devient problématique, c’est lorsque le provisoire devient notre manière habituelle de fonctionner.
Une capacité à tenir n’est pas nécessairement une capacité à durer.
Une vie organisée en permanence au bord de nos ressources finit par laisser peu de place à ce qui ne relève ni de l’urgence, ni de l’obligation, ni de la gestion du quotidien.
Or cette place est précieuse.
C’est dans cet espace que peuvent apparaître la curiosité, la créativité, le plaisir, les projets, les rencontres, les changements que nous n’avions pas encore imaginés. C’est dans cet espace que nous pouvons parfois simplement être, sans avoir immédiatement besoin de produire quelque chose.
Mais cette réflexion ouvre une autre question.
Si nous pouvons mobiliser nos ressources, les préserver ou les épuiser, sommes-nous condamnés à vivre avec le même capital toute notre vie ?
Ou pouvons-nous aussi le développer ?
Partie 3 — Construire pour devenir capable de davantage
Je crois que l’une des choses les plus intéressantes dans le fonctionnement du corps humain est précisément cette capacité à se transformer.
Nous ne sommes pas des machines qui fonctionneraient toujours avec les mêmes capacités. Nous sommes des organismes capables d’apprendre, de s’adapter, de se renforcer et de modifier progressivement leur manière de répondre à ce que nous leur faisons vivre.
Notre capital n’est donc pas un solde définitivement fixé. Il ressemble davantage à un patrimoine vivant, que nous pouvons fragiliser, entretenir et, avec le temps, faire fructifier.
Mais cette construction obéit à une règle qui peut sembler paradoxale : pour avoir davantage demain, il faut parfois accepter de dépenser aujourd’hui.
L’entraînement en est un exemple évident. Lorsque nous courons, nageons, pédalons ou sollicitons notre corps au-delà de ce qu’il fait habituellement, nous mobilisons des ressources. Pendant la séance, nous dépensons. Après la séance, nous pouvons être fatigués. Et pourtant, si la stimulation est adaptée à nos capacités, si elle est suffisamment dosée et si nous accordons ensuite au corps le temps et les moyens de récupérer, une adaptation peut se produire. Nous devenons progressivement plus capables de supporter cette contrainte.
Nous acceptons une dépense immédiate pour construire une capacité future.
Mais la séance elle-même n’est qu’une partie de l’histoire. Le progrès dépend aussi de ce qui se passe après : lorsque nous mangeons, lorsque nous dormons, lorsque nous laissons le corps récupérer, lorsque nous adaptons la charge à ce que nous sommes capables d’assimiler.
Nous dépensons pendant l’effort, mais c’est grâce à la récupération que cette dépense peut devenir un investissement.
Ce principe dépasse largement le sport.
Dormir suffisamment peut sembler nous retirer du temps sur notre journée. Préparer un repas peut paraître moins productif que de faire autre chose. S’accorder une soirée tranquille peut donner l’impression de renoncer à une occasion. Réduire temporairement son entraînement parce que la fatigue s’accumule peut être vécu comme un recul.
Pourtant, ces choix ne sont pas nécessairement des renoncements. Ils peuvent participer à la construction de la personne que nous serons demain.
Nous avons souvent tendance à considérer uniquement ce que nous obtenons immédiatement en échange de ce que nous faisons. Mais certaines choses importantes ne produisent pas de résultat spectaculaire dans l’instant. Elles travaillent ailleurs, dans un endroit que nous ne pouvons pas toujours observer immédiatement.
Une bonne nuit ne règle pas à elle seule une longue période de fatigue. Une séance isolée ne transforme pas un organisme. En revanche, des habitudes répétées dans des conditions adaptées peuvent progressivement modifier nos capacités et notre manière de traverser les journées.
Le corps ne se construit pas seulement dans les grands gestes exceptionnels. Il se construit aussi dans ce que nous répétons suffisamment longtemps pour que cela devienne une partie de notre fonctionnement.
Les cent unités deviennent alors une image de ce qui peut évoluer. Certaines choses qui nous coûtaient autrefois beaucoup d’efforts deviennent plus faciles. Certaines contraintes restent exigeantes, mais nous les supportons mieux. Certaines semaines qui nous auraient laissés épuisés nous permettent désormais de terminer avec un peu de marge.
Ce n’est pas magique. Et ce n’est pas automatique. Nos ressources ne progressent pas toutes au même rythme, ni dans toutes les circonstances. Le sommeil, l’alimentation, le mouvement et la récupération sont des leviers importants, mais ils ne peuvent pas résoudre à eux seuls toutes les difficultés de la vie.
Nous ne contrôlons pas toutes les contraintes de notre quotidien. Nous pouvons néanmoins agir, parfois, sur certaines des conditions dans lesquelles nous les traversons.
Et cette marge change beaucoup de choses.
Elle ne signifie pas que la vie devient plus facile. Elle signifie que nous avons davantage de possibilités à l’intérieur de la même vie. Nous pouvons traverser une journée difficile sans que celle-ci compromette nécessairement toute notre semaine. Faire face à un imprévu sans avoir immédiatement le sentiment que tout notre équilibre va s’effondrer. Être présents pour quelqu’un qui a besoin de nous sans avoir l’impression de sacrifier ce qui nous permet nous-mêmes de tenir.
Nous pouvons aussi nous permettre de ne rien faire, simplement parce que notre équilibre ne dépend plus de l’utilisation de chaque minute disponible.
Et c’est là que le développement de nos ressources prend une dimension qui dépasse largement la question de la santé ou de la performance.
Plus notre capital se développe, plus notre vie peut cesser d’être organisée uniquement autour de ce que nous sommes capables de supporter. Nous pouvons commencer à disposer de davantage d’espace pour ce que nous choisissons.
Car il faut des ressources pour changer.
Nous pouvons savoir depuis longtemps que notre travail ne nous convient plus et ne rien pouvoir faire pour autant. Sentir qu’une habitude nous enferme, comprendre qu’elle ne nous fait plus de bien, et continuer à la répéter. Avoir envie de nous remettre au sport, de passer davantage de temps avec nos proches, de créer quelque chose ou de changer de rythme, sans parvenir à trouver le moment ou la force nécessaires pour commencer.
Ce n’est pas toujours un manque de volonté.
Parfois, c’est simplement un manque de marge.
Lorsque toutes nos ressources sont consacrées à maintenir l’équilibre du présent, il reste peu de place pour construire le futur. Il faut pouvoir réfléchir à ce que l’on veut réellement, accepter de remettre certaines choses en question et trouver suffisamment de disponibilité pour traverser l’inconfort qui accompagne souvent le changement.
Certaines transformations commencent donc beaucoup plus discrètement qu’on ne l’imagine. Pas forcément par une grande décision, mais par quelques nuits mieux dormies, une reprise progressive de l’activité physique, une alimentation plus adaptée ou une semaine durant laquelle on accepte de ne pas remplir chaque espace libre.
Peu à peu, quelque chose peut se remettre à respirer. Les pensées deviennent plus claires. Nous recommençons à entendre certaines envies que la fatigue avait recouvertes. Une question que nous portions depuis longtemps devient enfin assez claire pour que nous puissions nous en saisir.
Le changement n’est alors plus seulement une montagne placée devant nous. Il devient un chemin que nous sommes davantage capables d’emprunter.
C’est pour cette raison que je crois à l’idée d’investissement. Lorsque nous prenons soin de notre sommeil, de notre alimentation, de notre activité physique et de notre récupération, nous ne cherchons pas seulement à nous sentir mieux demain matin. Nous construisons aussi, progressivement, les conditions dans lesquelles nous traverserons les années qui viennent.
Cette construction n’a pas besoin d’être parfaite. Nous pouvons manquer une séance, mal dormir ou traverser une semaine où nous n’avons pas pris soin de nous comme nous l’aurions voulu. Il y aura toujours des périodes où nos ressources diminueront au lieu de progresser.
Le but n’est pas de maintenir éternellement un niveau de ressources parfaitement élevé. Il est d’apprendre à reconnaître ce qui nous coûte, ce qui nous aide à récupérer, et ce qui nous permet de retrouver de la marge au fil du temps.
La récupération n’est pas une interruption du chemin.
Elle fait partie du chemin lui-même.
Alors peut-être que progresser ne consiste pas uniquement à apprendre à mieux utiliser nos cent unités. Peut-être que cela consiste aussi à apprendre, petit à petit, à en construire davantage.
Et lorsque notre marge grandit, nous ne sommes pas nécessairement plus occupés. Nous ne faisons pas forcément plus de choses. Nous ne courons pas toujours plus vite, nous ne travaillons pas davantage et nous ne remplissons pas plus nos journées.
Mais nous avons plus de choix.
Nous pouvons utiliser cette marge pour progresser dans notre sport, relever un défi ou poursuivre un projet. Mais nous pouvons aussi l’utiliser pour être davantage présents auprès de nos enfants, prendre le temps d’appeler quelqu’un, découvrir un endroit, créer, apprendre, aimer ou changer de direction lorsque nous découvrons que celle que nous suivions ne nous correspond plus.
Le but n’est donc peut-être pas d’avoir toujours plus de ressources pour pouvoir toujours plus faire.
Le but est d’avoir suffisamment de ressources pour être libre de choisir ce que nous voulons en faire.
Cette nuance change notre manière d’envisager le bien-être. Nous n’avons pas besoin de prendre soin de notre corps pour devenir une machine plus performante, capable de produire davantage et de supporter toujours plus de contraintes. Nous pouvons aussi en prendre soin pour qu’il nous laisse davantage de possibilités de vivre ce qui compte pour nous.
Le corps n’est pas seulement l’outil avec lequel nous accomplissons nos journées.
C’est l’endroit depuis lequel nous les vivons.
Nous ne savons pas ce que demain nous demandera. Nous ne savons pas quelles difficultés nous rencontrerons, quels projets nous voudrons poursuivre ou quels chemins nous déciderons d’emprunter. Nous ne pouvons pas tout prévoir, ni tout maîtriser.
Mais nous pouvons apprendre à mieux comprendre notre fonctionnement. Observer ce qui nous épuise, ce qui nous aide à récupérer, ce qui nous rend plus disponibles. Expérimenter, ajuster, et découvrir progressivement ce qui nous correspond.
Les cent unités ne sont pas un objectif à atteindre ni un chiffre à surveiller. Elles sont un point de départ pour regarder autrement notre quotidien.
Elles nous rappellent que notre capacité à faire n’est pas toujours à la hauteur de nos envies, que la fatigue n’est pas nécessairement un échec et que la volonté ne suffit pas toujours à compenser un manque de ressources.
Elles nous invitent surtout à ne plus confondre le fait de tenir avec celui de bien vivre.
Alors, peut-être qu’une première question mérite d’être posée : dans votre quotidien, qu’est-ce qui vous coûte plus que vous ne le pensiez ? Et qu’est-ce qui vous permet de retrouver un peu de disponibilité ?
Pas pour tout changer dès demain. Pas pour transformer chaque habitude en nouveau projet.
Simplement pour commencer à observer.
Car comprendre ce qui se joue est déjà une manière de ne plus subir les choses tout à fait de la même façon.
Et ce n’est qu’un début.
Le sommeil, l’alimentation, le mouvement, la récupération et nos rythmes de vie ne sont pas de simples cases à cocher dans une liste de bonnes habitudes. Ce sont autant de dimensions qui peuvent influencer la manière dont nous traversons nos journées et les ressources dont nous disposons pour y répondre.
Les explorer, c’est commencer à comprendre plus concrètement comment nous fonctionnons — et ce que nous pouvons, chacun à notre mesure, faire évoluer.
Pour qu’au milieu de tout ce que la vie nous demande, il reste encore quelque chose que nous pouvons choisir.
L’être humain évolue, que ça lui plaise ou non. Comme tout ce qui vit, il avance, se défait, se reconstruit. Pourtant, au milieu de cette dynamique naturelle, il existe un moment particulier : celui où changer ne suffit plus.
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On parle souvent de « changer ». On présente cette idée comme un objectif, presque un mot d’ordre : changer ses habitudes, changer sa manière d’être, changer sa trajectoire. Mais le changement, pris seul, ne reste qu’un pas de côté et non un pas en avant.
La vie avance par ajustements successifs, par remodelages, par réponses intelligentes à ce qui se présente. Rien dans le vivant ne se transforme en reniant ce qu’il a été. Les organismes évoluent, les paysages se modèlent. Les arbres s’adaptent aux vents dominants, les rivières creusent leur lit, les corps répondent aux contraintes qu’on leur impose.
On entre alors dans une zone plus profonde, plus instable. Ce n’est pas un désir. Ce n’est pas un choix. C’est une évolution.
L’évolution personnelle n’est pas spectaculaire. Elle n’est pas instantanée. Elle se manifeste dans la durée, dans la façon dont on cesse d’entretenir certaines rigidités pour laisser apparaître quelque chose de plus juste. L’idée n’est pas de devenir quelqu’un d’autre, mais de devenir plus fidèlement soi-même.
Pour comprendre ce mouvement, les métaphores du vivant servent de balises. Elles éclairent ce que l’on traverse intérieurement.
Processus d’évolution :
Il y a des moments où l’on sent que quelque chose se fissure de l’intérieur, sans éclat ni drame apparent. Rien ne casse vraiment, mais rien ne tient tout à fait comme avant. Les repères glissent. Les anciennes manières d’être perdent leur évidence.
Ça ne monte pas en explosion. Ça descend plutôt en silence. Une lucidité s’insinue, comme une lueur froide.
C’est dans ces instants-là que commence non pas un changement, mais une évolution.
Pas celle qu’on raconte dans les livres ou les discours inspirants. Une évolution plus humble, plus rugueuse, qui oblige à regarder ce qu’on est vraiment, débarrassé du prisme de notre ego.
C’est souvent là que commence le vrai basculement. La première image du vivant qui s’impose à nous est celle du cocon.
La chenille connaît ce processus mieux que nous. On raconte qu’elle devient papillon, mais on oublie l’essentiel : dans le cocon, elle se dissout. Elle perd sa forme, son orientation, son identité fonctionnelle. Elle cesse d’être chenille avant même d’avoir une idée de ce qu’elle deviendra.
C’est un moment de vulnérabilité, où rien n’est stable, où tout est en suspension.
Et elle possède un privilège immense : personne ne lui demande de continuer à ramper (avancer) pendant sa transformation.
Nous, si.
Nous devons évoluer — fabriquer notre cocon — au milieu du réel. Au milieu des attentes, des projections, des histoires que les autres continuent d’écrire à partir de l’ancienne version de nous-mêmes.
Les proches, souvent sans malveillance, nous renvoient à notre ancienne peau. Pas par résistance consciente, mais parce que notre transformation déstabilise leurs repères. Ils nous ramènent involontairement à l’ancien nous. On cherche à se réorganiser alors que tout, autour, semble nous tendre un miroir du passé.
Cette exposition rend la mue plus lente, plus délicate.
En évoluant, on perd souvent un sens avant d’en trouver un autre.
On sait ce qu’on ne veut plus bien avant de savoir ce qu’on veut vraiment. La structure interne vacille.
Mais ce vacillement n’est pas une faiblesse : c’est le signe précis que le système cherche une nouvelle cohérence.
Et cette cohérence ne se récupère jamais sans friction. C’est là qu’une autre image du vivant nous éclaire : celle de la mue du serpent.
Le serpent ne se libère pas en douceur. Il doit se frotter au monde extérieur pour réussir sa mue. Il se frotte à l’écorce, aux pierres… tout ce qui peut accrocher et déchirer la vieille peau. La mue est un combat discret contre une enveloppe devenue trop étroite.
Dans nos vies, la friction ressemble aux résistances sociales, aux habitudes relationnelles, à ces moments où l’on se sent étranger à sa propre manière d’être.
Le monde devient alors l’aspérité nécessaire. Pas un ennemi. Mais un support rugueux parfois douloureux contre lequel on arrache ce qui n’a plus lieu d’être.
Au milieu de ces tensions, il existe souvent un temps suspendu. Ni l’ancien ni le nouveau. Une zone floue où l’esprit se met en veille pour laisser quelque chose de plus archaïque réorganiser nos lignes de force.
On se croit perdu alors qu’on est en train de se réaligner.
Lorsque ce travail intérieur commence lentement à se stabiliser, quelque chose d’essentiel se met en route : on cherche un sol où l’ancrer.
Et une troisième métaphore vient nous éclairer sur notre évolution : celle de l’arbre.
La vie d’un arbre raconte une autre vérité sur la transformation : plus lente, plus profonde, plus structurelle.
Les premières années, il se construit sous la contrainte. Vent dominant, sol pauvre, climat. Il s’adapte, il se tord, il fait avec. Sa forme initiale n’est pas un choix, c’est une conséquence. Une architecture héritée de ce qui l’a traversé.
Puis un jour, sans que l’environnement change réellement, il commence à pousser autrement. Il ne renie pas sa structure passée, mais il ne s’y soumet plus. Il a suffisamment d’assise (d’expérience) pour cesser d’être entièrement façonné par le monde extérieur.
C’est un moment étrange : ni rupture ni continuité. Une autre manière d’être.
Et parfois, cette transformation devient plus radicale encore, plus rapide, plus subie. Elle ressemble à ce que vit un arbre que l’on replante après des années de vie dans un pot trop étroit vers notre beau jardin.
C’est pour son bien mais il ne le sait pas encore et ce moment-là le bouscule violemment !
Le déracinement n’a rien d’une image douce. Les anciennes racines, solides mais adaptées à un cadre limité, deviennent inutiles. Certaines meurent. D’autres cessent de servir.
Puis il doit en créer d’autres, ailleurs, adaptées à d’autres nutriments. Développer de nouvelles branches exposées à une autre lumière. Apprendre à danser sous d’autres vents.
Tant qu’il n’a pas repris racine, il est fragile. Il penche. Il craque. Il perd des feuilles. On pourrait croire qu’il est en train de mourir.
En vérité, il cherche simplement comment vivre autrement.
L’évolution ressemble exactement à ça : un temps de déracinement, puis un lent travail pour s’enraciner dans une identité plus juste, plus vivante, plus adaptée au monde vers lequel on veut avancer.
L’évolution exige patience et énergie. Elle demande souvent de s’éloigner de ceux qui, par habitude ou confort, voudraient nous ramener à l’ancien pot.
L’entourage joue alors le rôle du climat et du sol.
Les personnes qui s’accrochent à notre ancien nous sont comme un vent constant : elles poussent notre tronc à garder sa forme d’avant, sans intention, par simple mécanique. À l’inverse, ceux qui accueillent nos nouveaux comportements sont comme une lumière stable : ils aident l’arbre à se redresser vers ce qu’il devient.
Le sol, c’est notre cadre de vie : travail, rythme, contexte émotionnel.
S’il est compact, l’enracinement est difficile.
S’il est meuble et riche, la stabilisation s’accélère.
Quand ce travail finit par se stabiliser, ce n’est jamais vers quelque chose de rigide.
C’est vers une structure souple, capable d’absorber les variations du monde sans rompre.
Quand l’ancrage revient — progressivement, silencieusement — on retrouve une direction, une cohérence interne, une solidité qui ne dépend plus de l’approbation extérieure.
L’arbre adulte tient debout parce qu’il laisse passer le vent.
Le serpent continue de muer toute sa vie.
La chenille ne revient jamais en arrière, non parce qu’elle devient une version supérieure d’elle-même, mais parce qu’elle a accepté de se dissoudre un temps pour renaître autrement.
Alors oui, cette évolution n’est pas confortable. Elle ne fait pas de bruit. Elle ne donne pas de certitudes avant d’y être.
Mais quand on accepte cette phase, quand on laisse le système se réorganiser, quelque chose d’inédit apparaît.
Une sensation précise : être un peu plus soi qu’avant, avec plus d’air, plus d’espace et plus de mobilité interne.
Comme si le cœur du processus n’était pas de devenir quelqu’un d’autre, mais d’apprendre à ne plus s’agripper à ce que l’on a été.
Et avec le temps c’est cette vérité-là qui, lentement, prend racine.
Je me questionne depuis longtemps sur ce que je souhaite vous transmettre ici. Je réalise que ce que j’aime, c’est partager mes réflexions, mes découvertes et mes intimes convictions en faisant le lien entre le corps en mouvement et le bien-être qu’il apporte.
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Pour ce faire, j’utilise mon expérience personnelle, que ce soit lors de mes réflexions, de mes entraînements ou de mes compétitions, afin d’en tirer un message universel sur le fonctionnement de notre corps dans notre vie. L’objectif est de vous aider à vous approprier ces connaissances et conclusions, que ce soit pour mettre en lumière des éléments dont vous n’avez peut-être pas conscience ou pour susciter une réflexion sur des sujets qui me semblent primordiaux. J’espère ainsi que vous pourrez intégrer ces concepts et habitudes plus facilement pour améliorer votre bien-être ou vos performances au quotidien.
Je me suis longtemps interrogé sur ma légitimité à vous transmettre tout cela. Je ne suis ni chercheur ni scientifique. Ma parole n’engage que moi, mes apprentissages, mes expériences, mes ressentis et mes intuitions. J’expérimente sur moi-même et j’observe l’évolution de mon corps et de mon esprit. J’analyse l’impact de l’entraînement et d’une routine de vie orientée vers l’activité physique depuis quelques années, puis je mets ces ressentis en lien avec la littérature scientifique pour comprendre et valider mes intuitions.
Je m’inspire également de ce que j’ai pu observer chez vous au cours de mes 15 années en tant que coach et sportif d’endurance. Ce qui est certain, c’est que je ne partagerai rien dont je ne sois pas intimement persuadé. Je peux bien sûr me tromper, et je serai ravi d’échanger sur tout ça si c’est le cas.
En fait, je suis l’ambassadeur de mes intimes convictions ! Je partage mes idées, hypothèses ou certitudes dans l’optique de vous aider à construire une vie sportive épanouissante.
C’est le sens des réflexions « Dis coach, à quoi tu penses ? » que je partage avec vous.
Le culte du corps
Dans le sens noble du terme, pas dans une recherche d’esthétique, mais dans une recherche de bien-être et d’épanouissement personnel !
Une quête quotidienne qui s’apparente à une quête du bonheur. Car comment espérer être heureux en vivant dans un corps qui dysfonctionne ?
Sans le vouloir, le savoir ou m’en apercevoir, voilà 10 ans que j’arpente ce chemin du bien-être. Mon métier, ainsi que ma passion pour le sport et le corps en mouvement, m’ont amené progressivement à mieux comprendre son fonctionnement et à observer l’impact de celui-ci sur mon moral et mon esprit !
Ce n’a pas été un choix volontaire, une prise de décision drastique ou une résolution. C’est un chemin qui s’est imposé à moi ! Les leviers de motivation ont été multiples : performance, esthétique, découverte, compréhension, bien-être. Chacun a servi, à son moment, d’aide pour instaurer ce qui est aujourd’hui la norme dans mon quotidien.
Prendre soin de mon corps, j’ai vite compris que c’était une obligation. Je ne peux pas me lever tôt, m’entraîner et gérer mes séances si je ne suis pas au mieux de ma forme ! Cela m’a parfois enfermé dans une routine désocialisante, les journées ne faisant que 24 h et le sommeil étant roi. Dans ce contexte, il faut faire des choix. Malheureusement, choisir c’est renoncer !
Mais je me rends compte aujourd’hui que si mon corps dysfonctionne (maladie, blessure, manque de sommeil ou alcool), tout mon être en souffre. Humeur, motivation, envie, besoin… Tout semble déréglé, et un mal-être s’installe !
Alors, au plaisir passager d’un écart, je préfère la stabilité du bien-être au quotidien. C’est un choix qui semble à contre-courant dans un monde de plaisir immédiat et de quête du bonheur perpétuel. Mais n’est-ce pas se tromper et chercher le bonheur aux mauvais endroits ?
Tout n’est que cycle ! 🌎🌻🦩🍃
Tout ce qui nous entoure est régi par des cycles, chaque élément reproduit un mouvement répétitif très bien orchestré depuis des milliers d’années : le ballet des planètes 🌍autour du soleil, la migration des oiseaux🦜, le mouvement des tournesols🌻 qui suivent le soleil, les feuilles qui apparaissent 🍃au printemps, vivent tout l’été et s’en vont à l’automne 🍁.
L’être humain est régi par les mêmes cycles qui le façonnent et l’aident à fonctionner de façon optimale. Pour nous, c’est le cycle circadien. 🔄🧬 Un ensemble de rythmes biologiques, coordonnés par nos horloges internes, qui influence notamment notre sommeil, notre température et la libération de certaines hormones. Ces rythmes nous accompagnent pour nous réveiller, digérer, être actifs, nous endormir et recommencer jour après jour !
Pourtant, nous sommes sûrement le seul maillon de cette nature si bien orchestrée qui pense pouvoir aller à l’encontre de ce cycle préétabli depuis des millénaires. Et en croyant que cela peut fonctionner sur le long terme. Malheureusement, non !
En ne respectant pas nos rythmes de fonctionnement, nous ne permettons pas à notre corps, à notre être, de fonctionner de façon optimale. Nous nous empêchons d’obtenir le plein potentiel dont nous sommes capables, mais surtout, nous rendons plus difficile l’atteinte de notre bonheur !
Qu’est-ce qui fait de nous un animal croyant qu’il peut aller à l’encontre des lois de l’univers ? Notre ego, peut-être, ou une méconnaissance de nos besoins et des fonctionnements fondamentaux de notre corps ! On nous apprend depuis toujours qu’il faut bien manger et dormir sans nous en expliquer réellement la raison.
Par ailleurs, nous avons perdu la connexion à notre corps par manque de temps et par une sursollicitation extérieure qui nous empêche de nous écouter correctement ! Car oui, nous pouvons survivre en faisant à peu près n’importe quoi. L’évolution nous a dotés d’une capacité d’adaptation et d’une force de vie à quasiment toute épreuve ! Mais pour autant, est-ce que survivre c’est vivre ? Peut-on profondément et réellement s’épanouir en ne respectant pas nos besoins primaires et en n’optimisant pas tout ce que l’on peut faire pour être heureux ?
Alors comment s’épanouir ?
En écoutant notre corps, nous apprenons et comprenons qu’il a un rythme et des besoins.
Ce fonctionnement est le résultat de millénaires d’évolution et d’optimisation de l’espèce dans une optique de survie. Il est donc irresponsable de penser que nous pouvons pleinement nous épanouir en faisant fi de ce fonctionnement ! Notre vie est régie par le cycle du soleil. Nous sommes donc rythmés sur un cycle de ~24 h. Le cycle circadien
Nos horloges internes continuent de fonctionner même en l’absence de lumière, mais elles ont besoin de repères, notamment l’alternance du jour et de la nuit, pour se synchroniser. Nos horaires naturels varient selon les personnes et leur chronotype : nous ne nous réveillons pas tous spontanément à la même heure.
Au réveil, la diminution de la mélatonine et l’évolution du cortisol participent à la mise en route de l’organisme. La faim, la vigilance et l’énergie fluctuent ensuite au fil de la journée, avec des différences individuelles.
Nous pouvons ressentir une baisse de vigilance en début d’après-midi, puis un regain d’énergie. Il n’existe cependant pas une tranche horaire idéale pour toutes les activités physiques et mentales, identique pour chacun.
Le soir, lorsque la lumière diminue, la sécrétion de mélatonine augmente généralement, et notre température évolue pour préparer le sommeil. Nous basculons ensuite dans une succession de cycles de sommeil réparateur. Tout au long de la journée, ces fluctuations hormonales rythment les moments d’éveil, de faim, d’activité et de repos, se répétant jour après jour, pour maintenir l’équilibre du corps et de l’esprit.
Et tout ça, se passerait parfaitement dans le meilleur des mondes. Si nous n’étions pas contraints par les codes de notre société moderne et si nous étions en pleine conscience de notre corps ! Ce n’est malheureusement que trop rarement le cas !
Alors, comment faire pour être heureux dans notre société moderne ?
Être heureux de nos jours ?
Nos vies modernes nous imposent des rythmes qui vont à l’encontre de notre fonctionnement instinctif. Pourtant, il est possible de faire coïncider les 2 avec un peu de connaissance et de routine dans nos vies !
En premier lieu, il faut respecter son sommeil, que ce soit en qualité ou en quantité ! Chaque phase et cycle du sommeil ont leur rôle. Le sommeil profond, en début de nuit, sert à la récupération physique et à la régulation hormonale. C’est le moment de la nuit qui favorise la progression et le développement. Quant au sommeil paradoxal, plus présent en fin de nuit, il sert à la régulation des émotions, à la consolidation des souvenirs et à l’apprentissage, favorisant ainsi la créativité. Grignoter sur l’une ou l’autre de ces phases n’est donc pas sans conséquence !
Manger à des heures régulières, en respectant son sentiment de satiété et en apportant une quantité et une qualité nutritives adaptées à nos besoins, est essentiel. Nous en sommes souvent très loin aujourd’hui à cause d’une profusion de nourriture mal adaptée à nos besoins.
Avoir une activité physique régulière, de forme, durée et intensité variables, est nécessaire pour satisfaire notre besoin vital et ancestral de mouvement.
Il faut bien comprendre qu’en ne respectant pas l’un ou l’autre des trois principes fondamentaux, nous déréglons notre fonctionnement physiologique. Et une réaction en chaîne se produit. Manque de sommeil = stress = ↗️ cortisol = dérèglement de la sensation de faim et de motivation = stress = mauvais sommeil -> cercle vicieux. Et chaque action peut avoir le même impact positif ou négatif. Pour vous donner un exemple, une nuit blanche peut perturber notre vigilance et notre fonctionnement au-delà de la nuit concernée. Le temps nécessaire pour récupérer varie selon les personnes et la situation : il ne se résume pas à un délai fixe ! En faisant fi de tout ça dans notre quotidien progressivement, nous nous déconnectons du fonctionnement instinctif de notre corps, et nous risquons d’installer un état de mal-être chronique !
Le corps va s’adapter : nous « fonctionnons », mais pas de façon optimale. Dans ces conditions, nous ne pouvons pleinement nous épanouir dans toutes les tâches que nous entreprenons, qu’elles soient professionnelles, sociales, intellectuelles ou sportives !
Un esprit sain dans un corps sain
Ce n’est qu’une fois que nous avons atteint cet état d’harmonie interne que nous pouvons nous rendre compte de la magie qui vit en nous !
On en revient donc à cet adage si simple mais pourtant si vrai. Tout ce que je vous explique jusqu’à maintenant, c’est pour vous mettre en réflexion sur ce point !
Pour avoir « un esprit sain » j’entends ici : – la capacité à faire des choix raisonnés et justes pour vous. – la possibilité de réfléchir et d’évoluer dans votre direction qui est singulière. – être en aptitude de comprendre que chaque personne est différente. Et qu’elle l’est car elle a appris à se connaître et se comprendre. Et par-dessus tout, de vous mettre dans la position de développer une pensée saine pour vous et les autres dans le respect de soi et des personnes qui vous entourent.
C’est cet état d’esprit qui vous met sur le chemin du bonheur car il est vain de croire que celui-ci viendra de l’extérieur ! Votre bonheur part de vous et se développe dans votre vie et non l’inverse. Il n’est pas quelque part ou plus tard il est ici et maintenant !
Mais pour être tout cela, il faut que vous ayez trouvé un équilibre intérieur et ça au sens propre du terme. Un équilibre de fonctionnement hormonal ! Ça paraît un peu schématique et simpliste pour autant il serait difficile de ne pas tenir compte de ce point pour ajuster votre approche. Si vous prenez le temps de vous observer vous sentirez cet équilibre + ou – stable qui se trame en vous. En reprenant le contrôle de votre corps vous reprenez le contrôle sur votre vie. Vous ne subissez plus votre quotidien et les dérèglements qu’il induit mais vous êtes acteur de votre bien-être et de votre équilibre Vous êtes d’ailleurs sûrement déjà sur ce chemin si vous lisez ces lignes ! Je ne peux que vous encourager dans cette voie et vous demander d’être patient les résultats ne seront pas visibles instantanément. Une nuit blanche peut déjà perturber notre équilibre, et le temps nécessaire pour récupérer varie. Alors plusieurs années de petits déséquilibres ne peuvent pas être gommées en un jour. Pour autant je vous le promets demain sera plus juste si vous suivez votre rythme et donc votre propre vie et pas celle que l’on vous impose !
Quid des sensations et perceptions ?!
«Mais Marc, je suis sédentaire, je n’écoute pas spécialement mon corps, pourtant je suis «heureux» et ne me sens pas mal dans mon quotidien !»
Là, on touche aux limites du système de pensée que je vous évoque ! Car oui, vous pouvez vous sentir «bien» dans ces conditions. Mais bien en comparaison de quoi ? Avez-vous déjà permis à votre corps de fonctionner au mieux ? Pouvez-vous comparer ces sensations ?
Notre capacité d’adaptation et de résilience nous permet de survivre dans de nombreuses situations et de nous satisfaire de ce que nous avons ! C’est très bien dans des situations extrêmes ou dans des moments où nous ne pouvons pas pleinement «contrôler» notre environnement ! Mais aujourd’hui dans notre société moderne, n’est-ce pas paradoxal de fonctionner sur un mode survie ? Alors que nous avons tout à notre disposition pour nous épanouir ! Alors oui notre société moderne est pleine de contraintes nouvelles qui ne sont plus, savoir quoi manger, migrer, survivre à des prédateurs. Nos contraintes sont plus cérébrales, stress, organisation, manque de temps c’est moins perceptible mais c’est pourtant plus contrôlable ! Ces contraintes sont plus subtiles qu’un prédateur qui nous oblige à réagir sur l’instant pour autant à mon sens le risque est aussi grand mais nous ne prenons pas pleinement conscience de ce qui se trame sur le long terme !
C’est à vous de prendre du recul sur votre situation, votre vie, votre rythme, pour construire un équilibre qui vous est propre et qui vous permettra de vous sentir réellement bien ! Nous sommes parfois obligés de passer sur ce mode survie (naissance, période difficile etc…) Mais ça ne doit rester qu’une période. Le reste du temps, quand tout va plutôt bien nous devons revenir à un fonctionnement plus juste pour soi !
Et une fois mieux synchronisés à vos rythmes : sommeil, alimentation, activité. C’est à ce moment-là que vous ressentirez, que lorsque tous ces éléments ne sont plus alignés, qu’un sentiment de mal-être s’installe. Sentiment que vous ne pouviez percevoir avant ! Vous pourrez alors comparer ce qui vous semblait être « se sentir bien » avant et se sentir réellement bien maintenant !
Quid de notre société
Comment notre société va-t-elle évoluer si nous ne respectons plus notre “Nature” ? Comment espérer un avenir meilleur pour tous, si nous-mêmes ne faisons pas ce qui est juste et bon pour nous ?
Je pense que la réponse se dessine de plus en plus clairement aujourd’hui, et nous percevons déjà certains changements. Contrairement à ce qu’elle veut nous faire croire, notre société n’est pas véritablement tournée vers l’épanouissement personnel de ses citoyens. Elle nous vend l’idée d’une quête illusoire de bonheur immédiat, souvent matérialiste, ou d’un bien-être corporel accessible par des solutions miracles et sans effort.
En réalité, notre société se développe dans une logique de croissance économique bien souvent au détriment de notre bien-être. Et malheureusement, beaucoup de décisions prises suivent cette même logique.
Les politiques, les médias, et les grandes entreprises prennent des décisions qui dérèglent nos rythmes de vie, et contribuent à un déséquilibre général. – Surstimulation via les écrans (TV, réseaux, etc.) qui prolonge nos journées et crée de l’anxiété ! – Incitation via des publicités et le marketing vers des produits ou comportements mal adaptés – Production d’une alimentation de mauvaise qualité et faux repères (nutriscore) – Hyperconnexion (notif’ / smartphones) qui empêche les moments off
Ce modèle impacte non seulement notre équilibre personnel, mais aussi celui de la société tout entière, en déstabilisant progressivement notre civilisation. Les priorités ne sont plus placées au bon endroit et, à long terme, ce fonctionnement pourrait nuire à notre espèce.
Nous voyons déjà les signes de cette dérive avec l’augmentation des maladies mentales et physiques, telles que l’obésité ou la dépression, alors même que nous vivons dans des sociétés où la nourriture et les soins n’ont jamais été aussi abondants. Cette contradiction révèle une profonde déconnexion entre ce que nous sommes vraiment et ce que notre société nous impose.
Cette situation reflète un mal-être ambiant qui se développe dans nos sociétés modernes, où l’accélération des rythmes et la surconsommation nous éloignent de notre nature fondamentale.
Au centre de l’équation
Le bonheur, être heureux, est peut-être le plus grand défi de nos vies !
Aristote disait : «Le bonheur est le but ultime de la vie humaine, et il s’atteint par la sagesse dans les actions.» Cette recherche peut sembler teintée de perfection ou apparaître complexe voire inatteignable. Oui, ce n’est pas un chemin facile, ni accessible sans effort. Mais il faut comprendre, comme le dirait Spinoza, que « la sagesse n’est pas un devoir, c’est une proposition offerte à ceux qui souhaitent tendre vers le bonheur. »
Il y a de multiples inconnues dans l’équation du bonheur. Mais nous sommes les seuls à pouvoir faire en sorte d’être réellement heureux ! Nous sommes le centre de notre propre équation : on peut modifier toutes les variables extérieures, si nous ne sommes pas justes au départ, le résultat global sera toujours faux.
Si vous vous engagez dans cette quête, je me dois de vous mettre en garde contre notre société. Nous ne pouvons attendre d’elle qu’elle nous impulse ou qu’elle nous accompagne fidèlement dans cette prise de conscience et ce changement. Aujourd’hui, tout est fait pour vous attirer loin de vous, pour vous divertir, vous montrer ce que vous devriez posséder pour être heureux. On vous propose des artifices, des raccourcis qui semblent plus accessibles, mais qui ne sont jamais en vous, toujours à obtenir à l’extérieur ! Ces chemins sont vains et ne font que vous éloigner de votre but.
Ce constat m’attriste. Mais si, à travers cette longue réflexion, j’ai pu vous sensibiliser à l’importance de vous comprendre, de vous respecter et de prendre soin de vous, alors je suis heureux ! Je ne peux pas changer ce que je ne contrôle pas (notre société), mais je peux faire évoluer mon entourage. Ce “culte du corps” que je pratique est aussi une manière de vous montrer l’exemple, de vous entraîner avec moi sur le chemin du bien-être et du bonheur ! À présent, c’est à vous de vous prendre en main et de vous reconnecter à vous-même, à votre être. Ensuite, accompagnez vos proches pour qu’ils fassent de même ! Et qui sait, si chacun fait cela à son échelle, peut-être que le monde finira par changer !